Je me vautre sur moi-même comme sur un canapé pour drogués . J'arrive simplement à rester sans rien faire . Je déteste les gens biens et l'Europe en manque de sexe . Je déprime . Je me sens inutiles . Mon art est laid et pas intéressant et ce n'est pas qu'un concept . Je ne sais pas ce qu'il m'arrive et ce qui m'amène . De manière hasardeuse et mécanique , je dessine de la pluie . Même les chansons tristes ne sortent plus de ma bouche , qui est un bocal vide . Je m'attaque aux grands problèmes du monde avec un grand défaitisme . Je deviens un fonctionnaire de l'écriture , je photographie , filme , crée , joue , bricole , et cela ne sert plus qu'a me distraire . Je suis encore jeune , je veux faire de l'art par tous les moyens , mais je ne sais plus ce qui est art et ce qui est moyen . La solution : Soit se suicider , soit tuer tout le monde . Je me dois pourtant de produire , je suis obligé de le faire , calmant , pour calmer mes nerfs qui s'usent , qui m'use , qui me rendent malade , Et la machine d'art repars de plus belle , je construis des tours Eiffel invisibles à l'oeil nu . je bâtis des architectures mentales instables . J'érige des palaces d'un soir qui se muent sur papier en orphelinats pour enfants riches . J'imagine des nymphes en peau de cristal . Je voyage pour m'égarer . Chaque gare mène pourtant à mon enfance terminale . Je suis perdus , je n'ai pas besoin d'un remède qui me perde d'avantage . J'ai besoin d'une piqure d'inspiration . Sinon je m'appelle Amélie .